Rentrée ou pas.
Publié le 3 Septembre 2009
Ce qu'il y a de bien dans le fait d'avoir des enfants espacés en âge, c'est que j'en ai un au collège, un en primaire, un en maternelle.
Ce qu'il y a de rigolo d'habiter en Guadeloupe, c'est cette espèce d'incertitude continuelle sur le fait que les choses se passent bien.
Donc ce matin, mon grand rentrait en 3eme. A 8h, son père et lui étaient en train d'écouter les recommandations habituelles et les blablas sur l'importance de cette année décisive (ouais, j'avoue, c'est cette année là que j'ai embrassé mon premier petit copain - c'est pas ça décisif ? ha, j'croyais...)
Et puis quand au bout d'une heure de réunion, le gestionnaire a comencé à lire le règlement intérieur, le père de mon grand a abandonné l'affaire et est parti bosser - normal.
Sauf qu'au moment de faire l'appel, Gauvain n'avait pas de classe. Ben oui, sa mère avait oublié de rembourser le livre qu'il a perdu (en fait prêté et pas récupéré) l'an dernier. Donc à 9h30, mon grand m'appelle du bureau du gestionnaire, pris en otage pour non régularisation.
Font chier.
Donc je sors boulet de la piscine, je m'habille (il pleuvait des cordes, pas envie de sortir), je pars pour le collège.
Pas de gestionnaire dans son bureau. Pas de grand sous le préau. Pas de CPE. Et juste après la pluie, une température insuportable (c'était la première fois que je transpirais du soutien-gorge, très glamour).
Ronan commence à s'impatienter, moi aussi.
Je finis par trouver le gestionnaire, payer le livre, retrouver mon grand qui était finalement en classe car la CPE l'a autorisé à s'y rendre.
Sauf que son professeur principal est un homme consciencieux qui a été le dernier de tous les professeurs présents à finir son speetch et après 12 litres de sueur plus tard, nous avons enfin été libérés. Mais sans carnet de correspondance, il était bloqué avec une autre classe dans laquelle Gauvain devait aller s'il avait fait créole en option sauf qu'on a laissé tomber cette option.
Sinon, je ne vous parle même pas de son emploi du temps pourri avec plein d'heures de permanence et d'énormes trous à midi. Je suis déprimée d'avance de devoir passer tant de temps sur la route tous les jours.
Bon.
Et demain, c'est le petit boulet qui va retrouver les bancs de l'école. Je ne lui ai pas encore dis qu'il en avait pour au moins 20 ans. Là, c'est un autre souci qui se pose, le même que celui rencontré par Morgane en CE1, la violence habituelle faite aux enfants. Deux ATSEM de l'école de Ronan sont connues pour taper les enfants.
Et autant je n'ai aucune appréhension à voir mon bébé grandir, autant le savoir témoin de violences ordinaires à l'école (et je ne parle même pas d'en être victime, là, je ne réponds de rien) m'énerve au plus haut point.
Mais normalement, à 14h (20h en métropole), mon petit fera ses premiers pas à l'école, avec son uniforme vert (voui, vert .... soupir)
Sauf que.
Sauf que nous habitons en Guadeloupe, que tout peut arriver, comme une belle tempête tropicale qui se nomme Erika, qui va peut-être innonder les rues, bloquer les routes, créer des bouchons monstres, faire péter les systèmes électriques et empêchera peut-être la rentrée de se faire.
C'est comme ça de vivre sous les tropiques. Le tonnerre gronde au loin, il fait une chaleur invraissemblable, on a tout rentré ce qu'il y avait sur la terrasse. Et je préfère que ce soit la nature qui me bloque chez moi, plutôt que des syndicalistes forcenés qui prennent les élèves en otages.
Morgane devait "rentrer" lundi en CM1.
Mais Fanny nous a emmené hier le livre de français de son grand à elle qui passe en CM2 et Morgane n'a pas résisté à l'envie de mettre son nez dedans. Du coup, elle a fait sa rentrée aujourd'hui. Ce n'était pas prévu mais rien ne m"étonne plus ici, ni le mauvais, ni le bon.
Bonne rentrée mes enfants, peu importe l'allure qu'elle aura, elle sera un souvenir de plus à mettre dans vos jolies têtes blondes.